Extrait de Hanuman N°7, Été 2002.                         Et aussi :  Hanuman N°8
                                                                                                        Hanuman N°9

retour à la liste

Le  Ram-Nam

 

PAROLES DE SWAMI RAMDAS


Dans la langue des hommes, il n'y a aucun mot qui exerce un pouvoir aussi merveilleux, qui oeuvre aussi mystérieusement pour le bien absolu, que le Nom qui représente Dieu. Le Nom du Seigneur est l'expression même de Dieu, le son mystique. Accorder ton esprit à la douce mélodie du Nom, c'est mettre ta vie en harmonie avec la vie éternelle. La musique du Nom réalise l'union de l'âme individuelle avec l'âme universelle. Lorsque l'âme se perd dans le frémissement causé par le Nom, elle atteint un état d'ineffable extase où toutes les formes et toutes les vies sont vues comme la manifestation de l'unique essence suprême de la Vérité.

L'Âme qui boit à grandes gorgées le nectar enchanteur du Nom s'élève des mondes inférieurs où pensées et actions sont dans les chaînes, et elle entre dans le royaume universel de liberté et de perfection. Alors cette vie transformée révèle dans toute sa gloire la magnificence de la Réalité fondamentale dont les mondes et elle-même sont l'expression. Par le pouvoir du Nom, ses disciples perçoivent distinctement les lois et les raisons intérieures qui produisent dans l'univers les changements d'ordre phénoménal.

Lorsque ce Nom devient son principal support et refuge, l'aspirant, tendu vers le but le plus élevé de la vie ~ la réalisation de Dieu ~ marche vers l'idéal à pas rapides, mais aussi avec un cœur débordant de courage et de joie. Bienheureuse l'âme qui possède une foi inébranlable dans la grandeur du Nom divin.
The Divine Life


LA RÉCITATION DU RAM-NAM

[Texte extrait de " With my master ", où Swami Shuddhananda, petit-fils de Ramdas, raconte avec humour ses souvenirs d'enfance à Anandashram, dans le giron de " Papa ".]

Le devotee qui acceptait Papa pour Guru n'avait plus à s'inquiéter. L'assurance lui en était donnée dès la minute où il prenait l'initiation (Upadesha) du divin Mantra ~ Om Sri Ram Jai Ram Jai Jai Ram ~ de Papa. Seul un grand artiste aurait pu peindre ce moment suprême de la vie du devotee lorsque celui-ci, assis devant son Maître plein d'amour, recevait l'initiation. Papa disait au devotee, comme une mère dit à son fils apprenant l'alphabet : " Vous n'avez aucune crainte à avoir ; maintenant, répétez après Ramdas ", et Papa récitait un à un les mots du divin Mantra, faisant répéter le devotee trois fois après lui. Ensuite Papa lui demandait de dire trois fois le mantra en entier. Quand le devotee avait passé ce test', Papa levait ses bras en un geste d'éternelle assurance, et lui disait : " Répétez ce Mantra tout le temps, jour et nuit, quoi que vous fassiez ~ assis, marchant, voyageant ~ et tout ira bien pour vous. "

" Y a-t-il quelques règles, Swamiji ? " demandait souvent le devotee.

" Pas du tout, " assurait Papa. " Vous n'avez besoin d'aucunes règles pour vous souvenir de Dieu ; le Ram-Nam est le moyen de vous souvenir de Lui. "

Mais pas tout à fait convaincu qu'un tel cadeau sans prix pouvait lui être totalement donné, le devotee demandait de nouveau, pour en être bien sûr : " Puis-je répéter le Ram-Nam avant le bain ? "

" Avant et après, " disait Papa en riant. " C'est ce que veut dire Ramdas quand il vous dit que vous devez le répéter tout le temps. Cependant, lorsque vous chantez le Nom de Dieu, vous devez conserver en esprit tous Ses titres de gloire, Sa grandeur. Dites : O Seigneur, Vous êtes Toute Chose, et je ne suis rien ; Vous êtes l'Acteur suprême, le Protecteur de l'univers, Vous êtes tout en tout, Vous guidez toutes mes actions, Votre volonté prévaut partout, Votre volonté, O Seigneur, et non la mienne ! Vous êtes Amour, Vous êtes Lumière, Vous êtes Félicité, Vous êtes le commencement et la fin. Vous êtes sans commencement et sans fin.' Évoquez en vous-même les gloires de Ram et le Ram-Nam fera le reste… Une fois qu'il sera entré dans votre esprit et dans votre âme, et qu'il aura pénétré au plus profond, il continuera seul sur vos lèvres sans effort conscient, s'arrêtant seulement lorsque le Nom et son adorateur seront devenus Un "

PENSÉE

Mais qui est ce " Ram " ?

Un devotee demanda un jour à Papa si le Ram dont il parlait toujours était le Seigneur Ramachandra, le fils du roi Dasaratha. La réponse de Papa fut caractéristique. Papa dit avec un charmant sourire : " Le Ram de Ramdas est l'Être suprême qui pénètre tout, Omniscient, Omnipotent, qui est situé dans tous les cœurs, qui a donné toutes les formes, et qui seul Est. Ce Ram est aussi le fils du roi Dasaratha. "

 

________________________________________________________________________________________

 

Extrait de Hanuman N°8, Automne 2002.

 

La non-violence

 

DES RATS À L'ASHRAM

(Extrait de " The Gospel of swami Ramdas ",
L'Évangile de Swami Ramdas,
sous le titre : Transcendez Himsa [violence] et Ahimsa [non-violence]

Avant même qu'il commencât sa vie errante, Ramdas, bien qu'il restât plongé dans l'activité matérielle, développa une vision différente de la vie, une vision universelle ; si bien qu'il devint bon, charitable et indulgent envers les ouvriers qu'il commandait. Il les traitait en égaux. Plus, il sentait une camaraderie avec tous les êtres vivants, et une profonde compassion pour ceux qui souffraient, ressentant comme siens la peine et les chagrins qu'ils supportaient.

Un soir, alors qu'il longeait la route conduisant à Kadri Hill, il croisa une charrette. Quand elle s'approcha de lui, il vit que le bouvier frappait sans pitié ses bœufs pour les faire avancer plus vite. Il ne put supporter cette situation; il ressentait lui-même les coups cinglants chaque fois que l'homme faisait tomber son fouet sur le dos de ces pauvres bêtes. Avec une plainte profonde, il lui demanda de cesser de les battre, mais le bouvier refusa de tenir compte de sa prière. Alors Ramdas courut pour s'éloigner de cette scène pénible, aussi vite qu'il le put.

A la maison il demanda à sa fille et à sa femme qu'elles ne causent aucun préjudice ni aucune blessure même à la plus petite des créatures de Dieu, aussi désagréable qu'elle puisse être. Et cet avis paternel eut un effet si profond et si durable sur Ramabaï qu'à partir de ce jour même elle essaya de se conformer à la lettre à la volonté de son père.

Plus tard, quand l'Ashram fut créé, on se trouva confronté à un problème de taille…

 

Anandashram, 6 août 1951.

Il était midi. Papa allait se retirer pour la sieste. Dans le hall, il y avait Motiben, Natverlal Shah et Satchidananda. Papa se mit sur son lit ; Motiben et Satchidananda lui massèrent doucement le corps pendant que Natverlal l'éventait.

Papa : " La nuit dernière les rats nous causèrent des tas d'ennuis. Ils couraient sur le plafond, faisant beaucoup de bruit ; et ils descendirent pour mordre les pieds de Mataji et de Ramkishor. Nous devons nous procurer un piège pour attraper ces rats. "

Après une pause, Papa continua : " Que devrons nous faire quand nous aurons attrappé les rats ? Nous ne devons pas les tuer. Si nous les portons dans un lieu éloigné et les y abandonnons, nous causerons aux gens qui vivent là les inconvénients dont nous voulons nous débarrasser. Et si on ne les attrape pas du tout, comment pourrons-nous continuer à vivre ici ? Avec le temps, nous devrions quitter l'ashram à cause des rats, et partir pour Bénarès ou pour tout autre endroit. "

Satchidananda : " Alors, quelle est la solution ? "

Papa : " Quelle est la solution ? Trouvez-la. "

Tous gardaient le silence. Après quelques minutes, Papa dit : " Si nous vivons en ce monde, nous avons à nous confronter avec de tels problèmes. Les fuir, dire que c'est péché ou que ce n'est pas péché, n'est pas correct. L'ahimsa absolu n'est pas praticable dans la vie mondaine. La solution se trouve en se plaçant au-delà des paires d'opposés et en se débarrassant de la conscience d'être celui qui agit, ou celui qui n'agit pas. Nous devons réaliser que Dieu est toute chose. Le rat est Dieu ; et les gens auprès desquels nous laisserions les rats et nos problèmes sont aussi Dieu. Ainsi toute chose est Dieu. Alors, qui est affecté par quoi ?

Après le bhajan du soir, plusieurs devotees étaient assis en face de Papa… Il leur dit : " C'est un tort de dire que la Bhagavad Gita enseigne la non-violence. En fait, elle permet la guerre et la violence. Sri Krishna demande à Arjuna de tuer tous ses opposants, même ceux qui font partie de ses proches parents, ses amis, ses maîtres, etc. La Gita nous enseigne à faire dans ce monde toutes les actions, qu'elles soient violentes ou non violentes, avec un absolu détachement. Elle insiste sur ce détachement. Tout travail devrait être exécuté dans un esprit de consécration à Dieu. Un travail ne liera jamais celui qui connaît la Réalité ; il est complètement détaché dans ses actions "

Papa continua : " L'absolue ahimsa n'est pas possible quand nous sommes engagés dans des activités du monde. Pour un aspirant spirituel, la non-violence, comme sadhana, c'est très bien. Pour réaliser dieu, on doit développer la suddhasatva. Et ceci n'est possible que par la pratique d'une totale ahimsa, parmi beaucoup d'autres disciplines. Mais au stade final, le sadhaka doit aller aussi au-delà, avant d'atteindre le but final. "


PENSÉE

Aussi longtemps que tu cherches la perfection dans le bien relatif que tu as conçu comme un idéal, tu es pris dans le labyrinthe d'une recherche sans espoir. Il est essentiel de comprendre tout de suite que la racine de l'amour se trouve dans ton Moi immortel et qu'il faut la retrouver, en éveillant le cœur à la compassion et à l'action désintéressée qu'elle comporte. Il faut accomplir toutes les actions de la vie de manière que tu puisses toujours être conscient de ton identité avec l'entière création.

Ne t'appuie sur aucune règle, si élevée soit-elle, qui n'est que dogmatique, éthique et mentale. Élève-toi au-dessus de tous les états de pensée limités ; atteins la Réalité infinie et fais de cette grandeur impersonnelle l'unique modèle de ta vie.

                                                                        Swami Ramdas, Présence de Ram,  pp. 126-127)

_________________________________________________________________________________

 

Extrait de Hanuman N°9, Hiver 2002-2003.

 

La  Réalisation

 

PAROLES DE SWAMI RAMDAS

La conscience du divin est l'héritage le plus précieux des hommes. Depuis que les anciens sages l'ont atteinte, et cela il y a peut-être des milliers d'années dans le cycle actuel de l'existence du globe, nous avons découvert une grandissante voie lactée de saints et de sages qui illuminent les siècles.

Chaque époque augmente le nombre de ces luminaires spirituels. Les Incarnations, les Prophètes et les Maîtres sont apparus d'âge en âge dans diverses parties du globe, en plus grand nombre en Orient qu'en Occident, avec l'unique mission d'éveiller l'humanité à la conscience de la Réalité immortelle, qui est Dieu. … /…

C'est une chose vraiment délicieuse que de lancer sa pensée le long des perspectives de l'histoire universelle, pour admirer les plus hautes réalisations spirituelles de l'homme.

L'œuvre glorieuse accomplie par de grands hommes et par des femmes admirables, tous inspirés par des idéaux élevés et des expériences divines, se dresse claire et hardie. Leurs personnalités colossales, dominant toutes choses, servent encore de phares à beaucoup d'âmes en détresse dans le tourbillon de l'existence.

C'est dans les Upanishads que les rishis, les voyants de l'Inde, ont chanté avec une ferveur extatique la sublimité d'une Réalité éternelle et qui enveloppe tout. Les airs fascinants de ces chants d'immortalité ont été transmis aux générations successives par des adorateurs convaincus qui buvaient leur divine symphonie.

Puis Krishna, Bouddha, Shankaracharya et Mahavira sont venus répandre la splendeur de cette connaissance divine parmi tous les peuples du monde. D'une manière semblable, Socrate et Platon en Grèce, Marc-Aurèle à Rome, Moïse en Israël, Christ en Palestine, Mahomet en Arabie, Zoroastre en Perse, Confucius et Lao-Tseu en Chine, sont apparus comme des personnages extraordinaires, pour régénérer spirituellement les peuples de leur temps.

Il s'en est suivi une époque de vaste illumination s'étendant à presque tous les coins de l'univers. Au nombre des grandes âmes qui ont apporté la lumière et la paix divines aux cœurs des hommes, il faut encore placer Gourou Nanak et Rama Thirta du Punjab ; Tulsidas, Kabir et Mirabaï des Provinces-Unies ; Chaitanya, Ramprasad, Ramakrishna et Vivekananda du Bengale ; Jnaneshvara, Ekanath, Tukaram et Namdev du Maharashtra ; Ramanuja et Madhva de l'Inde méridionale. Dans les autres pays : Mirza-Ali, Mohammed ; Baha-U-Lhah et Abdul Baha en Perse ; Tolstoï et Blatvastsky en Russie ; Carlyle, Ruskin, Wordsworth et Edouard Carpenter en Angleterre ; Shopenhauer Heine et Goethe en Allemagne ; Washington, Emerson, James Allen et Walt Whitman en Amérique.

En nous rapprochant de notre époque on peut mentionner plusieurs héros spirituels qui ont joui d'une renommée mondiale. Aux Indes, ce sont Gandhi, Ramana, Aurobindo Rabindranath Tagore, Krishnamurti et Vaswani. En Angleterre, Hamblin ; en France, Romain Rolland et Paul Richard. En Russie, Nicolas Roerich. En Amérique, Sunderland Mirza-Amad et Kettner. Il est certain que beaucoup d'autres noms pourraient être ajoutés à ce rosaire de personnalités divines.

Quelque incomplète que puisse être cette brève revue, elle répond à notre but qui est de montrer que depuis des temps immémoriaux une infaillible lumière de révélation divine non seulement s'est merveilleusement maintenue tout au long de l'histoire de l'humanité, mais a produit mais a produit un nombre toujours croissant d'hommes de Dieu.

L'influence que les héros spirituels ont eue sur l'humanité conserve sa valeur et consolide son triomphe en dépit des guerres et des haines.

Une étude, même superficielle, de leurs messages nous montre qu'ils prêchaient d'une seule vois que le but suprême de toute vie est de parvenir à la conscience cosmique. A ce point parvenu, on découvre que le monde entier et toutes les créatures sont un dans le divin et que l'essence réelle de la vie est divine, comme identique à l'esprit immortel et omnipénétrant, dont les attributs sont la paix et la béatitude absolues. C'est pourquoi chacun de nous, abandonnant toute haine, toute mauvaise volonté et tout orgueil, doit se joindre librement à tous les peuples de l'univers, sur la base de la fraternité, dans une divine et parfaite communion.

Efforçons nous de comprendre que la religion universelle est la vraie religion, que la vision de la divinité dans tous les êtres est la juste vision, et que la liberté et la paix véritables portent la marque de l'immortalité.

                                                                                                          in  The Divine Life


PAROLES DE SWAMI SATCHIDANANDA

LE MONDE EST EXACTEMENT COMME IL DOIT ÊTRE

Rien de ce qui est dans le monde ne nous troublera si nous tenons pour établi que le Seigneur Lui-même dans ses formes innombrables y joue sa Lila éternellement. Tant que nous ne nous sommes pas élevés au plus haut niveau de conscience d'où nous pouvons ainsi évaluer chaque chose clairement, il nous est difficile de résoudre nos problèmes. Nous ne pouvons pas changer ce qui nous arrive en ce monde, mais nous pouvons changer notre attitude envers les événements en les considérant comme le jeu du Seigneur.

Comme l'écrivit le Bien-aimé Papa dans un de ses livres : " Le monde est exactement comme il devrait être " Si nous le regardons avec un tel détachement, nous pouvons rester heureux dans toutes les conditions et circonstances, et ainsi jouir du jeu du monde, quel que soit le lieu où Dieu nous place, quelle que soit la partie qu'il nous fait jouer. Quand nous conservons ce point de vue, il n'est rien qui ne soit spirituel ou non spirituel. Tout est Lui.


LE SOUVENIR DE DIEU EST POSSIBLE DANS LA VIE DE FAMILLE

La condition de la Réalisation divine est une intense aspiration de Le réaliser et son constant souvenir. Seuls ceux qui visent avec intensité à une telle aspiration peuvent chanter le Nom de Dieu et se maintenir sans cesse dans son souvenir. Tous les saints qui ont réalisé Dieu ont effectué cette intense Sadhana. Quelques-uns uns d'entre eux étaient chefs de famille. Même comme chefs de famille, ils pouvaient consacrer tout leur temps au souvenir de Dieu ; ils prouvèrent ainsi au monde que même dans la vie de famille il est possible de se souvenir constamment de Dieu.
Mundane to Spiritual


PENSÉE


Laisse-toi donc enivrer par la joie qui ne change pas et qui toujours existe. La joie, la béatitude, la paix, voilà ta " queste ". L'indépendance et la liberté sont au bout.

                                                                     Swami Ramdas