Extrait de Hanuman N°40, Automne 2011                               Et aussi :  Hanuman N° 41
                                                                                                                  Hanuman N° 42

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   LE  MONDE  EST  LA  « LILA »  DE  DIEU

            Si nous regardons le monde avec une vision imparfaite, nous voyons la diversité. Avec une vision purifiée nous le contemplons comme l'expression du Divin. Il nous faut donc changer notre manière de voir.

            L'univers tout entier est l'œuvre de l'art divin. Nous ne devons pas donner à une chose particulière une importance spéciale comme différente du reste. Nous devons voir l'univers entier, uniformément, comme une belle manifestation de Dieu.

            Voyant l'univers entier rempli de Sa présence, toute chose se faisant par Sa puissance, dans un état de total abandon à Sa volonté, notre ego disparaît et nous nous sentons identiques au tout-pénétrant, silencieux Esprit que nous savons être notre Moi. Ainsi nous contemplons avec détachement les manifestations autour de nous et le pouvoir qui agit en elles. Nous sommes les spectateurs et aussi les acteurs. Nous sommes un, non seulement avec l’Esprit universel, mais aussi avec l'universelle manifestation. C'est une haute réalisation dans laquelle le sens de la dualité, de la séparation d'avec le reste des humains dans le monde, s'évanouit complètement.

            L'extase qui en résulte n'est pas exprimable ; nous baignons dans elle nuit et jour. Nous accomplissons toute chose dans cet état.

Swami Ramdas ~ Entretiens de Hadeyah pp 185 sq.

   LE  SILENCE

            Quand le mental cesse d'être agité, il est devenu libre de pensées et de désirs, alors nous ne sommes plus des individus séparés, mais nous devenons aussitôt Pure Conscience de nature cosmique et supra-cosmique. Le calme du mental réveille en nous une conscience pleine de splendeur et d’extase. Alors nous ne savons que nous sommes la Vérité ~ l’Éternel.

            À l’endroit où la rivière prend sa source, le calme est parfait ; ensuite l'eau courante est active et bruyante dans sa course, jusqu'à ce qu'elle se calme de nouveau quand elle atteint l'océan. L'oiseau se réveille tôt le matin et prend son vol, et il va de ci de là, d'arbre en arbre tout le jour. Quand le soir vient, il regagne son nid, et devient calme de nouveau. Du silence tout vient, au silence tout revient. Toute activité est entourée de silence.

Swami Ramdas

      L’APPEL  DE  L’ÊTRE, de Ramesh Balsekar

Question : Shankara a dit que le monde était irréel. Que faut-il en penser ?

            Shankara a dit que le monde des phénomènes est irréel. Le contexte dans lequel il employait le mot « irréel » fait l'objet d'une grande incompréhension. En qualifiant le monde des phénomènes d'irréel, il entendait que ce monde est comme une ombre, il ne peut exister en l'absence d'un objet pour la projeter. Son existence dépend de quelque chose d'autre.

              En d'autres termes, le Sujet Absolu est l'objet manifesté ne sont pas deux. Cette identité entre le non manifesté et le manifesté est l'un des premiers aspects de base de la compréhension.

            Dans l’identification au monde il y a toujours deux.

            La chose à comprendre est la suivante : tout ce qui existe, est la Conscience qui se manifeste ; et dans cette manifestation totale, se trouvent des objets qui diffèrent énormément, chacun possédant son individualité propre. J'ai entendu dire que non seulement les empreintes digitales sont différentes pour chaque être humain, mais que chaque voix peut être identifiée par des machines très sensibles ; même les battements de cœur diffèrent d'une personne à l'autre. Et pourtant, dans toute cette diversité, il y a toujours une unité. Cette Unité qui fonctionne en tant que Totalité, en tant qu'élément subjectif, est commune à toutes les créatures douées de perception.

             Cette compréhension fait disparaître la séparation. La diversité du divers est vue, mais seulement là où elle se trouve : en surface.

Question : Qui êtes-vous ?

            Je suis la Conscience, comme vous. La Conscience est ce qui constitue chaque organisme corps-esprit, chaque créature douée de perception, et elle fonctionne par son intermédiaire, qu’il s'agisse d'une vache, d'un être humain ou d'un insecte.

 

      MAÎTRE  ET DISCIPLE, de Ma Ananda Moyî

  Question : Que doit faire le Maître et que doit faire le disciple ?

            Le disciple doit abandonner son ego et devenir comme une page blanche.

            On raconte qu’un roi invita dans son palais d’excellents artistes pour y peindre une fresque. Deux d’entre eux, travaillaient sur des murs opposés d’une même salle, divisée par un rideau qui empêchait chacun d’eux de voir ce que faisait l’autre. Des pinceaux de l’un sortit un chef d’œuvre qui suscita l’admiration de tous les spectateurs. L’autre, pour sa part, avait passé tout son temps à polir son mur. Et il l’avait fait si parfaitement que morsque le rideau fut tiré, l’œuvre de l’autre peintre s’y refléta et parut plus merveilleuse encore que l’original.

            Il incombe au disciple de lisser son ego jusqu’à le faire disparaître.

~ Mais alors, le disciple doit faire la plus grosse partie du travail ?

Non, car c’est le Maître qui peint le tableau.

                                                                                                                             L’Enseignement de Mâ Ananda Moyî  p 213

      UNE  PENSÉE  DE RAMDAS

  Chassez remord et regrets. Vous et l’univers sont remplis de Dieu, l’essence suprême de la vie. Seulement Dieu existe, et Il est tout.

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Extrait de Hanuman N°41, Hiver 2011.

 

   RAMDAS  AUPRÈS  DU  MAHARSHI

           Ramdas, dans les premiers jours de son long pèlerinage, est piloté par un sadhu, qu'il considère comme envoyé de Ram, et qu'il appelle par conséquent Sadhuram.

 Un jour, le bon Sadhuram l’emmena au darshan d'un grand saint de l'endroit, il se nommait Ramana Maharshi. Son ashram était au pied des montagnes de Tiruvanamalai. C'était une sorte de hangar recouvert de chaume. Les deux visiteurs pénétrèrent dans l’ashram et se prosternèrent aux pieds du saint. Ce lieu était vraiment béni. Le saint était jeune, mais il y avait un tel calme sur son visage et, dans ses grands yeux, un tel regard de tendresse et de sérénité, que tous ceux qui venaient à lui en subissaient le charme de paix et de joie.   

 Ramdas apprit que le saint connaissait l'anglais ; il s'adressa à lui en ces termes : «Maharaj, un humble esclave est debout devant toi. Aie pitié de lui, sa seule prière est de recevoir ta bénédiction. »

Le Maharshi posa son beau regard sur Ramdas et le contempla pendant quelques minutes avec intensité, comme s’il versait en Ramdas, par ses yeux, la bénédiction, puis il fit un signe de tête pour indiquer qu'il l’avait béni. Un tressaillement d'indicible joie parcourut le corps de Ramdas, le faisant frémir comme une feuille sous la brise….

Ram inspira alors à Ramdas le désir de demeurer quelque temps dans la solitude… Le lendemain, Ramdas s’installa dans une grotte et il vécut près d'un mois dans une profonde et constante méditation.

 

   LA  RÉPÉTITION  DU  MANTRA

            Continuons à répéter Ram-Nam constamment, sans aucune rupture. Il s'est avéré que l'approche par le son est la plus aisée. Dès que notre mental est absorbé dans le Ram-Nam, nous nous élevons très haut, dans un état de supra-conscience, où il n'y a absolument aucun son. Le son que vous entendez alors semble venir du silence infini. Quand nous répétons le Mantra à voix haute, nous nous accordons sur le son qu'il produit, et à travers ce son, nous entrons dans le silence parfait qui est en nous. Ainsi le son doit nous posséder. Il est le premier mouvement issu de l'immobilité.

                                                                                       Swami Ramdas, « Voyage intérieur »

      UNE  LETTRE  DE  RAMDAS

À  A.B., Jamnu, 1932.

            Ram bien-aimé,

            Ne dis pas que tu es un pauvre raté, alors que la Vérité glorieuse a sa demeure en toi. Sois conscient de Sa présence par un souvenir constant. Tu es un instrument mu et animé, pour toutes ses actions, par la divine Shakti qui se manifeste comme l'univers entier et qui la fait agir. Ne te fais pas de soucis. Soumets-toi en tout à la volonté du Seigneur. Chaque parcelle de l'expérience de notre vie, qu'elle soit agréable ou désagréable, si elle est bien comprise, c'est-à-dire si elle est comprise comme voulue par Dieu, contribuera à nous donner la juste impulsion vers le but suprême de la vie. Ce sera la réalisation de notre état immortel et exalté, l'état de divinité.

 

      MAÎTRE  ET DISCIPLE, de Ma Ananda Moyî

            La tendance du mental de chaque individu le poussera dans une certaine direction et le fera vivre en conséquence. La vibration de la force vitale de chacun est conditionnée par ses propres Samskaras. Chacun a un pranayama différent. L’homme qui a de la chance et dont les Samskaras sont excellents n'aura plus besoin d’un « billet d'aller et retour ».

Chacun comprendra ce qui s'applique à sa propre voie de progression. Le type de méditation qui convient à une certaine personne peut aussi se révéler. Aussi longtemps que cela ne se produit pas, il y a des difficultés, des combats, l'impression de ne pas avancer, d'être incapable de réussir. Lorsque le temps est venu, chacun trouve sa voie. Exactement comme l'eau d'une source trouve son chemin pour rejoindre une rivière et doit continuer à couler jusqu'à ce qu'elle la trouve. Si à un moment donné la source tarit, rien n'aura été perdu, car on ne peut jamais savoir quand il se produira un grand jaillissement. À un moment ou à un autre, l'homme sera béni par le contact avec son être vrai.

 

      UNE PENSÉE  DE  RAMDAS

            “Aux yeux de Dieu, le mal n’existe pas. Nous souffrons à cause de notre ego. Le sens de l’individualité, ou de la séparation d’avec les autres, est responsable de tous les maux apparents. Dieu est toute bienveillance et tout amour. Si donc vous pensez à Dieu constamment, vous pourrez être heureux dans n’importe quelle situation. Si vous tenez pour établi que la volonté de Dieu prévaut dans le monde et que chaque chose arrive par sa volonté, vous ne pouvez voir le mal nulle part et il n’y a pour vous aucune souffrance à aucun moment. C’est là l’expérience de Ramdas. »

Swami Ramdas          

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Extrait de Hanuman N°42, Printemps 2012.