Extrait de Hanuman N°25, Hiver 2006 - 2007   Et aussi : Hanuman N°26
                                                                                                                      
Hanuman N°27

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 Le  Désert

  PAROLES  DE  RAMDAS

  Conversation qu’eut Papa Ramdas à Paris, le  11 septembre 1954, avec le Révérend Père Bruno, au cours de son voyage autour du Monde.

 Révérend Père Bruno – L’obscure nuit de l’âme. Est-ce un passage obligé ?

 Ramdas – Oui. Dans la vie de tout aspirant, de telles périodes arrivent. Quand le mental devient dépressif, il perd son contact avec Dieu, et il sent qu’il est un être déchu. A ce moment-là, il est saisi d’un total désespoir.

 RPB. – On enseigne dans les églises catholiques que ces états nous viennent par la grâce de Dieu, et si vous les traversez avec une foi parfaite, celle-ci devient plus forte.

 R. – C’est vrai. Mais quand de telles choses arrivent, l’aspirant a l’impression que Dieu l’a abandonné. S’il peut le prendre pour une grâce divine, alors nous ne pourrions pas dire qu’il ressent la séparation. Quand il ressent la séparation, il pense que c’est quelque œuvre du démon, et il pleure ce qu’il a perdu. Mais notez une chose : quand il a regagné son état primitif, l’aspirant dit : « O Dieu, vous avez fait cela délibérément pour mon bien ; ainsi je peux vous désirer de plus en plus, et mon esprit peut se fixer en vous de façon plus continuelle, plus permanente. » Il en vient à cette reconnaissance dès qu’il a regagné le contact.

 RPB – C’est exactement cela que Sainte Thérèse dit. Sainte Thérèse a décrit les stades successifs de l’évolution spirituelle. Elle explique que dans le château intérieur, il y a sept étages différents. Les trois premiers sont de peu d’importance. Au quatrième, l’aspirant  ressent déjà le contact surnaturel. Cet état vient occasionnellement, et l’aspirant retombe de nouveau. Elle appelle cela état de quiétude. Après celui-ci, vient le cinquième étage, où l’aspirant éprouve un contact avec Dieu pratiquement constant, mais non total. Le sixième est ce qu’elle appelle les fiançailles spirituelles, dans lequel encore l’union n’est pas totale. Le septième est le mariage spirituel ~ une transformation totale ~ où l’on éprouve lumière et paix absolues, et où il n’y a plus possibilité de chute. Entre le cinquième et le sixième état, il y a des interventions qui semblent venir de l’extérieur, tels que des visions et des pouvoirs occultes qui montrent que l’état de perfection n’a pas encore été atteint. C’est l’état dans lequel se trouvent les grands moines qui fondent des ordres monastiques.. Entre le sixième et le septième, il y a une période de persécution, où il semble que l’Esprit Saint a rejeté l’âme. C’est l’état dans lequel se trouvent les fondateurs d’ordre monastiques qui abandonnent l’Ordre qu’ils ont fondé. C’est cependant la plus grande purification, après laquelle on peut entrer dans le septième état.

 R. – Il y a quelques expériences similaires chez les Hindous. Exactement comme ces sept stades, il y a aussi sept états qui sont appelés Sapta Bhumikas, dont Ramdas ne se souvient que du premier et du dernier. Le premier est une forte aspiration, et le dernier l’union parfaite avec Dieu.

 RPB – Sainte Thérèse part de beaucoup plus bas. Il peut y avoir quelques personnes avec moins d’aspiration, et là est le danger.

 R. – Oui, c’est un danger là aussi. Mais l’aspiration pour atteindre Dieu existe. Elle peut disparaître de temps en temps, mais elle revient vers l’aspirant.

                                                                                                                          Ramdas Speaks II, p. 204 

  PAROLES  DE  SAINT  JEAN  DE  LA  CROIX

 Pour Saint Jean de la Croix, l’âme se trouve désorientée quand elle subit l’action des trois vertus théologales que sont la foi, l’espérance, et la charité. L’âme passe par la nuit obscure au moment où elle se libère de toutes les choses créées. Ce texte du XVIIème siècle, ardu à cause d’un vocabulaire suranné, exprime cependant très bien la pensée du grand saint.

   Il est nécessaire à l’âme, pour qu’elle marche en sécurité dans le chemin spirituel, de passer par la nuit obscure en s’appuyant sur les trois vertus théologales, qui la dégagent de toutes les choses créées et la mettent dans la nuit à leur sujet  […] l’âme ne s’unit pas à Dieu sur cette terre par ce qu’elle peut entendre, goûter, imaginer ou sentir de quelque sorte que ce soit, mais seulement par la foi qui correspond à l’entendement[1], par l’espérance qui correspond à la mémoire[2], par la charité qui correspond à la volonté[3]. Ces trois vertus font le vide dans nos puissances : la foi fait le vide dans l’entendement pour l’obscurcir et l’empêcher de comprendre ; l’espérance opère dans la mémoire pour la priver de la possession de tout objet créé ; et la charité fait le vide dans la volonté pour la dépouiller de toute affection et de tout attrait pour ce qui n’est pas Dieu.

La montée du Carmel, chapitre V

  PAROLES  DU  PÈRE  HENRI  LE  SAUX

 On ne va pas en solitude pour trouver Dieu. On va au désert car il n’est plus que Dieu, et c’est Dieu qui se fait seul.

 Si au désert il y avait encore Dieu et moi, ce ne serait pas le désert. Au désert, je me suis perdu, et je ne suis plus capable de retrouver mes traces vers moi.

 Et au désert, j’ai perdu le Dieu que je cherchais, et je ne sais plus retrouver les traces ni de lui ni de moi.

 Dieu n’est pas dans le désert. Le désert c’est le mystère même de Dieu qui n’a point de limites, ni rien pour le mesurer, ni le situer, ni rien pour se mesurer et me situer en lui, par rapport à lui.

                                                                                                Ecrits (Journal 6.02.1965 ; MFC, p 337)

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RENSEIGEMENTS  PRATIQUES

   Nous possédons d’Anandashram une collection de CD, sonos et vidéos. 

En sono :

 -          3 disques de différents tons de Ram-Nam. 
-          1 disque  d’Hanuman Chalisa  (Hymne chanté à la gloire d’Hanuman)
-          1 disque de Bhajans
-          1 disque d’Aratis
-          3 disques de discours de Papa Ramdas.

En vidéo :
-          3 disques sur l’historique d’Anandashram,  par Swami Satchidananda.
-          3 disques de photos de Papa Ramdas
-          2 disques de photos de Swami Satchidananda
-          3 disques de satsang avec Swami Satchidananda
-          1 disque d’informations sur Anandashram
-          2 disques sur le « Jubilée de Platine » d’Anandashram
-          1 disque de Swami Chidananda, pour le Guru Purnima de 2006

  Nous pouvons vous copier et vous envoyer gratuitement les CD sonos, et prêter les vidéos.

[1]  La foi domine et couvre les croyances et démonstrations du mental
[2]
  L’espérance domine les souvenirs du passé, et donc les désirs
3]
  La charité (l’amour) est le moteur de l’action juste.

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Extrait de Hanuman N°26, Printemps-Été 2007.

 

        Le  silence. La Bhakti.

 

PAROLES DE RAMDAS : « Le silence est Brahman :

Mon Bien-Aimé Seigneur a dit, en des mots dont on ne saurait douter : « Jusqu’à ce que tu aies transcendé la vie relative et phénoménale, et que tu aies pris conscience de savoir que tu es la Vérité absolue, tu ne peux absolument pas être libéré de l’esclavage de la peur et de la mort, du chagrin et de la douleur, du doute et de la haine. Dresse-toi, dresse-toi, mon enfant, au dessus des dualités et demeure dans la Vérité et l’Existence infinies et immuables. »

Les fleurs multicolores, les feuilles vertes et jaunes, les zigzags des plantes grimpantes, l’élancement des arbres, les rameaux sans feuilles, les fruits émeraudes, les cieux brillants,, les brises qui soufflent doucement, le jeu des beaux enfants, sont autant de tableaux qui glorifient ta magnificence, oh mon Bien-Aimé Seigneur !

Je m’assieds silencieux, comme frappé d’étonnement, de me voir partout. C’est le silence, au plus profond de moi-même, qui pénètre toute ma vie manifestée. Vraiment, le silence est Brahman. Le silence seul existe. Les sons sont des manifestations du silence.

* * *

A l’endroit où la rivière prend sa source, le calme est parfait ; ensuite l’eau courante est active et bruyante jusqu’à ce qu’elle se calme de nouveau quand elle atteint l’océan. L’oiseau se réveille tôt le matin et prend son vol, il va de ci de là, d’arbre en arbre tout le jour. Quand le soir vient, il regagne son nid, et devient calme de nouveau. Du silence tout vient, au silence tout revient. Toute activité est entourée de silence .

PAROLES DE POONJA

Demeure en Paix
Indifférent à tes pensées et sans faire d’efforts.

L’assujettissement nécessite un effort
Au contraire de l’état libre.
La pensée obscurcit
Et ne révèlera jamais Cela.
Par conséquent, ne pense pas.

La Paix est au-delà de la pensée et de l’effort.
Voilà pourquoi la Quiétude est le sésame
Qui ouvre la caverne de l’Amour et de la Paix.
Identifie-toi à ce Repos, à ce Néant,
Et veille à n’en pas faire une expérience
Car ceci est la ruse par laquelle le mental
T’égare à l’aide du piège de la dualité ;
Le piège de l’observateur et de l’observé.
Être est Être, il n’y a ni spectateur ni acteur.
Après avoir lâché l’objet,
Lâche aussi le sujet, ne te cramponne pas.
Demeure silencieux.

LA BHAKTI (Voie de la dévotion)

Il existe, concernant la Bhakti, une volumineuse littérature. On peut trouver des textes magnifiques chez Ramakrishna, Vivekananda, Ma Ananda Moyi, Amma, et chez tous les maîtres ayant exploré cette voie, de magnifiques pages. Mais pour notre groupe attaché à Papa Ramdas, qui fut un grand Bhakta, nous retrouverons quelques phrases clefs pour notre méditation.

Extrait d’une lettre de Papa Ramdas à une femme dans la peine.

Fais de Dieu, en l'appelant par le nom que tu veux, le but et l'objet de ton existence. O Mère, rien d'autre que cela ne mérite la moindre considération. Pourquoi gaspiller une vie précieuse ? Dédie-la à Dieu et à son service, comme l'a fait Mirabaï. Aime-le en tous. Sers-le en tous. Et rends-toi toi-même paisible et bénie. Que Dieu te bénisse.

Maintenant un mot au sujet de Bhakti (dévotion), telle qu'elle est pratiquée de nos jours. Certains de nous s'attachent à sa forme morte, simplement parce qu'ils sont influencés par la conception de leurs ancêtres, sans comprendre sa vraie signification. Lorsque nous pratiquons la dévotion suivant cette forme, ou bien nous ne savons pas pourquoi nous le faisons ou encore nous sommes animés du désir d'obtenir un objet matériel. Cette sorte de bhakti ne peut nous apporter aucune consolation dans nos moments de chagrin. La joie réelle ne vient en nous qu'au moment où nous faisons tout pour Lui, au moment où nous nous sommes offerts entièrement à Lui et le prions constamment et seulement pour

nous mener de l'irréel au réel
des ténèbres à la lumière
et de la mort à l'immortalité
.

Les six sortes de Bhakti

Dans la littérature concernant la Bhakti, vous trouverez la description de six sortes de Bhakti.

La première consiste à voir Dieu comme votre Seigneur et à Lui rendre un culte suivant cette représentation. Dans cette forme de dévotion, votre cœur est rempli d’une douce émotion d’amour et vous expérimentez la joie. C’était la Bhakti d’Ambarisha, un dévot de Vishnou. On la nomme Shanta-Bhakti.

La deuxième est Dasya-Bhakti. Hanuman trouva la joie en servant Dieu, le considérant comme son Maître. Hanuman fut un vrai serviteur, lui obéissant en tout point, et passant toute sa vie au service de son Maître, Rama. Là, le service lui-même est joie.

La troisième est Sakhya-Bhakti, dans laquelle vous devenez un ami de Dieu. Alors le dévot parle et se conduit avec Dieu sur un plan d’égalité, comme Arjuna le fit avec Krishna. Ils s’asseyaient côte à côte, parlaient, mangeaient et marchaient ensemble comme des amis intimes. Nous pouvons avoir ce type de relation avec Dieu.

Alors vient la quatrième sorte de Bhakti. C’est la Vatsalya-Bhakti. Vous voyez Dieu comme votre enfant, ainsi que le fit Yashoda envers Krishna. Dans cette pratique de dévotion, vous servez Dieu, le nourrissez et veillez sur Lui comme une mère le fait pour son enfant.

La cinquième est la Madhurya-Bhakti. Là, la relation entre le dévot et Dieu et douce et amoureuse au delà de toute comparaison. Ils se sentent un l’un l’autre, mais ils maintiennent une séparation afin de profiter de la félicité dans le jeu de leur amour mutuel. C’est l’unité dans la séparation et la séparation dans l’unité. C’était la relation entre Radha et Krishna. Cette Bhakti est appelée aussi Prema-Bhakti.

La sixième et dernière est la Tachi–Bhakti, ou Gopi-Bhakti. C’est vraiment la plus haute forme de Bhakti. Chaque fois que Radha et Krishna, après une longue séparation, étaient réunis par les efforts des Gopis, elles s’identifiaient elles-mêmes alternativement avec Radha et Krishna, et jouissaient de le félicité venant de cette fusion, mais aussi ressentaient un délice immense d’être témoin de leur union béatifique. Ceci est considéré à juste titre comme le plus haut point auquel la Bhakti peut conduire l’âme.

Kabir, le saint bien connu de l’Inde, fut un grand dévot de Rama… .D’ardents admirateurs vinrent le voir afin de le glorifier pour cette grande dévotion envers Dieu. Kabir dit : « Vous ne connaissez pas l’amour des Gopis. Si vous l’aviez connu, vous n'auriez pas parlé avec tant d’enthousiasme de ma pauvre dévotion. Pour dire la vérité, dans le déluge d’un amour d'une Gopi pour Krishna, vous pouvez voir des milliers de ruisseaux de celui de Kabir »

 

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Extrait de Hanuman N°27, Automne 2007-Hiver 2008.

 

    Japa et Abandon

     LE   JAPA

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Une Sadhana qui se suffit à elle-même. (Entretiens de Hadeyah,  p. 120)

Question.

 - Est-il possible que le japa remplace tous les autres rites et qu'on puisse le pratiquer à l'exclusion de tout le reste ?

Ramdas.

 - L'objet de toutes les sadhanas, ou pratiques, est de maintenir la souvenance de Dieu. Si le japa peut le faire, pourquoi s'adonner à d'autres sadhanas ? Le japa suffit à tout et vous pouvez, par lui, être toujours à l'unis­son avec Dieu, pour, finalement, vous immerger en Lui. Il vous conduira de Lui-même au point le plus élevé de la réalisation divine.

  Lorsque Ramdas prit le sentier spirituel selon la volonté divine, son unique pratique était la répétition du nom de Dieu. Toutes ses autres sadhanas avaient pour objet de le rendre capable de toujours conserver ce nom sur ses lèvres. Il existe un proverbe disant: « Ce que vous pensez, vous le devenez. » Si vous pensez à Dieu, vous devenez Dieu. Le japa est constante pensée divine. Cette pensée écarte toutes les autres ; elle disparaît à son tour quand vous parvenez à l'identification à Dieu. Vous avez entendu parler du grand soufi Mansour. Il répétait tou­jours: « Je suis Dieu, je suis Dieu! » Sa personnalité s'était dissoute en Dieu, et il pouvait déclarer hardiment qu'il était Dieu Lui-même. Les connaissants de Brahman, dans l'Inde, disent: "Aham Brahmasmi ", je suis Brahman. Seuls, ceux qui ont  réalisé  Dieu peuvent savoir que l’âme est Dieu Lui-même.

   Nous avons à nous détromper; nous nous croyons des individus composés de corps, de sens et de mental. C'est une erreur. En nous en tenant continuellement au nom de notre être éternel, Dieu, nous prenons conscience d'être Lui. Le nom que vous répétez est votre propre nom, le nom de votre existence immortelle.

Texte de l’initiation au mantra

(Avant de donner l’initiation au Ram-Mantra, Swami Ramdas donnait cet avertissement au postulant)

    Ramdas peut vous affirmer que, dès le moment même où il se mit à répéter le nom, il commença d’en sentir la douceur. Il prit donc l’habitude de prier Dieu ainsi : ‘ Ramdas ne désire rien d’autre, il désire seulement votre nom. Faites que votre nom soit toujours sur sa langue ‘. Il est tellement doux ! Cela montrait que le nom n’était pas un moyen d’atteindre une fin, mais que c’était une fin en soi. C’est l’effet étonnant de la répétition du nom. Bien sûr, cet effet dépend de celui qui le répète : si nous ne sommes pas libres des basses passions du cœur, nous ne pouvons pas goûter cette douceur.

  Le sucre est doux ; il est doux par nature. Il ne peut jamais être amer. De même, le nom est doux par nature. Mais si ce sucre doux est mis dans la bouche d’un homme qui a de la fièvre, il en trouve le goût non doux, mais amer. Il le rejette. Ceci indique que l’homme est malade. Le sucre, lui, est doux. De même si nous sommes malades de bas désirs, le Nom ne nous semble pas doux. Nous devons aller voir un docteur qui peut nous soigner de ce mal : ce docteur est le Gourou, qui par sa présence peut nous libérer de notre maladie de désirs et nous donne ce Nom de pur nectar. Et vous trouvez alors qu’il est doux, et sa douceur vous vient continuellement, aussi longtemps que vous répétez le nom, jusqu’à ce qu’enfin vous deveniez la douceur elle-même, non pas celui qui goûte la douceur, mais purement et simplement la douceur elle-même. Ainsi vous buvez et buvez et buvez le Nom jusqu’à ce que le buveur et la boisson deviennent Un.

 

    L’ABANDON

Lutte et abandon     ( Ramdas speaks, vol 1, p. 73)

  Nous savons que c'est seulement en s'abandonnant à Dieu que nous pouvons le réaliser. Ce n'est pas directement par notre lutte que nous obtiendrons sa vision mais seulement par sa grâce. Notre lutte nous conduit à nous rendre compte que par la lutte nous ne pouvons pas l'atteindre. Ceci peut sembler bien étrange à beaucoup de gens qui pensent que sans  leurs efforts Dieu ne peut être réalisé. Mais ce n'est pas ainsi. Notre sadhana  nous fait réaliser que par la sadhana seule nous ne pouvons l’atteindre. Quand finalement nous nous sentons impuissants, et que nous considérons Dieu comme notre sauveur, alors il vient nous aider. Notre lutte et notre effort peuvent cesser ; nous pouvons commencer l'élimination de notre sens de l'ego, et expérimenter la divine présence.

  Maintenant notre mental est calme et serein, tranquille comme s'il était au pied du seigneur, comme si nous nous étions donnés complètement à lui. Nous devenons lui dans chacun des aspects de nos êtres, corps, sens, et mental. Sa grâce est descendue en nous,  nous sommes illuminés par la connaissance du divin.

Nous nous punissons nous-mêmes     (Ramdas speaks, vol 1, p.190)

  Là, Ramdas se rappelle de l'histoire du fils prodigue désobéissant à son père. Il le quitta et vécut une vie débauchée, dépensant toute la richesse que lui avait donnée son père. Mais après avoir souffert intensément à cause de cette mauvaise vie, il revint vers lui. Celui-ci ne le rejeta point, mais l'accepta aussitôt et lui pardonna. Ce n'est pas le père qui punit le fils, mais c'est  le fils qui souffre de ses propres actes mauvais. La Bhagavad Gita dit que nous sommes nos propres amis et nos propres ennemis. Si nous ignorons Dieu et nous L'oublions nous devenons nos propres ennemis. Si nous nous souvenons de Dieu et tournons notre mental vers lui, nous devenons nos propres amis

Tout abandonner à Dieu  (Entretiens de Hadeyah,  p. 289)

  Faites la volonté de Dieu et sachez que tout arrive par elle ; vous ne serez pas, alors, liés par le karma ; en toutes circonstances vous resterez calmes et joyeux. Que vous connaissiez le succès ou l'échec, que vous soyez loués ou blâmés, votre mental conservera sa tranquillité, pourvu que vous ayez tout abandonné à Dieu, qui est la bonté et la grâce absolues. En fait, le bien et le mal que nous voyons à l'extérieur ne sont que la projection de notre mental, ils n'existent pas en soi. Les pertes ne sont pas un mal, car elles nous rapprochent de Dieu, qui nous place dans des situations pouvant être profitables, pour nous faire avancer vers le but suprême ~ qui est l'union avec lui. Toutes les autres ambitions ne sont que des bulles d'air et ne sauraient nous donner la paix et le bonheur durables. Nous n'apportons rien en naissant et nous n'emportons rien en quittant la vie. À quoi bon nous soucier des choses  périssables ? Notre karma ne nous affecte plus, quand nous sommes tous entre les mains de Dieu. Il n'est plus alors question de passé ou d'avenir.

  Les situations agréables ou fâcheuses ne sont que des attitudes mentales ; il n'y a que des idées

  Ainsi, la suprême liberté réside dans l'abandon à la volonté de Dieu. En nous soumettant ainsi, nous brisons nos chaînes ; pour nous il n'y a plus ni bien ni mal. Nous accueillons tout comme venant de Dieu, pour notre bien. Nous aurons des trésors de patience, sans jamais récriminer, sans blâmer ou accuser personne. Nous serons comme un enfant sur les genoux de sa mère.

 

    PENSÉE

   Abandonnez les idéaux de vie étroits, qui ont si longtemps limité votre compréhension, empoisonné les ressorts de votre émotion et imprégné d’égoïsme vos actions. Laissez votre vision surpasser toute limitation et embrasser tous les êtres en parts égales dans l’étreinte de l’amour universel.

 Swami Ramdas