Extrait de Hanuman N°22, Printemps 2006   Et aussi : Hanuman N°23
                                                                                                                Hanuman N°24

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L'Innocence

 

  PAROLES  DE  RAMDAS

    Pendant son voyage en Europe en 1953, Papa Ramdas consacre une demi-journée à la visite du Monastère de Broc, à Fribourg, où il est invité par le père Coneus. Là vivent cinquante moines dans l'austérité totale. Les indiens sont frappés par la sévérité de la règle catholique. Le père prieur, Dom Barras, demande à Ramdas s'il est possible de se libérer de toute passion,  et si oui, comment ? Ramdas répond :

  « Il est possible d'être parfaitement libre de passions. Quand, par la grâce de Dieu, vous vivez toujours dans son souvenir constant sans aucune rupture, alors votre mental devient absolument pur et libre de toutes passions, comme celui d'un enfant, sans malice, innocent... Les Hindous disent : ‘La graine du désir est brûlée...’

  Mais si un homme se livre à des disciplines personnelles pour atteindre la purification par sa propre volonté, sans invoquer la grâce divine pour l'aider, son combat est vain, pour autant qu'il le mène. Dans le stade ultime, quand un homme atteint l'illumination, il vit toujours dans le divin et aucune pensée autre ne peut entrer dans son esprit... Il a atteint la pureté permanente »……

   Au cours d’une visite dans un couvent parisien , il est interrogé par le père Bruno :

- Êtes-vous certain que jusqu'à la fin de votre vie, vous ne serez point le sujet de quelque tentation diabolique et que vous êtes complètement libéré de telles chutes ?

 - Ramdas se sent entièrement libre de tout cela, répond Ramdas, parce que Dieu s'est uni à lui. Si lui s'était accroché à Dieu, il y aurait eu possibilité de chute, mais comme c'est Dieu qui s'est emparé de Ramdas et qu'il en est pleinement conscient, il n'y a aucune chance de chute ou de séparation d'avec Lui. La prise de Dieu sur lui est tellement ferme ! Il est un enfant dans les bras de sa Mère, Dieu. Ainsi, il n'y a absolument aucune crainte de chute à aucun temps. C'est Lui-même qui en a donné l'assurance à Ramdas... Certains saints de l'Inde ont eu des tentations, mais dans le cas de Ramdas, qui peut sembler unique, dans les premières prières qu'il adressa à Dieu, il demanda d'atteindre l'état où il est maintenant. Il savait parfaitement que ce n'était possible qu'avec la grâce divine, et par conséquent il pleurait nuit et jour pour obtenir cette grâce. Quand la plénitude de la grâce s'empara de lui, il devint si pur, libre et innocent qu'il sentit que c'était simplement étonnant, inimaginable. Il n'avait jamais pensé que Dieu, dans sa grâce l'amènerait à une hauteur telle qu'il pourrait expérimenter ainsi pureté, paix et joie. C'était simplement grand. Dans la lumière de sa propre expérience, Ramdas pouvait comprendre que les saints des diverses religions avaient cette perfection. C'est une perfection parfaitement divine. C'est l'homme devenu Divin. Il n'y a aucune impureté ou rien qui ne soit divin dans cet état. Dieu a coulé Ramdas dans ce moule. »

 SIMPLICITÉ  ET  INNOCENCE  DE   MÈRE  KRISHNABAÏ

   Krishnabaï, de son propre chef, quitte la maison de son beau-frère à Dharwar et se rend à Bombay où elle passe quelques jours chez des amis de Ramdas. Elle y travaille, selon son habitude, avec toujours aux lèvres le Ram-Nam ou des chants dévotionnels en Marathi. Les amis de Bombay sont ravis et envoient des messages admiratifs à Ramdas. Celui-ci répond :

  "Un expert seul peut reconnaître un vrai diamant et en estimer sa vraie valeur. Ainsi vous et Sanjivrao ont découvert la grandeur de mère Krishnabaï. Elle est unique dans sa pureté, sa paix et son esprit de bénédiction. Quels mots peuvent décrire la gloire de sa simplicité, son innocence et sa nature enfantine. Elle est l'amour incarné. Elle est l'exemple suprême qui montre à quelles nobles hauteurs la divinité humaine peut atteindre. Elle a touché et transcendé le sommet. Ramdas est fier de se dire son enfant. Elle est la Mère Divine de l’univers. Vous êtes bénis de l'avoir parmi vous".

  AUTRE  TEXTE : « LES MOUETTES », Conte taoïste  (Lie-Tseu)

   Un jeune garçon qui vivait au bord de la mer, aimait les mouettes. Tous les matins, il allait les saluer, et elles descendaient par centaines pour jouer avec lui.

  Un jour son père lui dit :

- Puisque les mouettes te sont familières, attrapes-en quelques unes et apporte les moi, afin que moi aussi je puisse jouer avec elles.

  Le lendemain, quand il se rendit comme d'habitude sur la plage pour les saluer, les mouettes s'ébattaient dans les airs entre elles, mais sans descendre.

  C'est pourquoi il est dit :

"Le discours parfait est sans parole, l'acte parfait est de ne pas agir. Ce que les sages savent est peu profond"
 

  PENSÉES  DE  RAMDAS

   Vous devez laisser le futur entièrement entre les mains de Dieu si vous voulez le posséder, Lui. Vous ne devriez jamais vous inquiéter du futur. Quand vous vous en remettez à Dieu, vous devez vous prosterner à Ses pieds et respecter sa volonté, de sorte que vous puissiez vivre dans l’instant comme un enfant dans les mains de sa mère, sans une seule pensée du futur, sans souci d’aucune sorte, l’esprit toujours paisible et heureux.

  Ô Ram, garde Ton esclave absorbé en Toi, toujours. Il est à la fois Ton esclave et Ton enfant. Il est désireux de Te servir de toutes manières, selon la sagesse que Tu lui octroies. Il est Ton enfant innocent qui se tourne toujours vers Toi pour être guidé et protégé. Ô Ram, ne lui permets jamais d'oublier Tes saints pieds. Ô Ram, ne le mets jamais dans une situation où il T'oublierait

 (Extrait de litanies de Ramdas, écrites pendant son séjour dans la grotte de Panch Pandav, voir : « Carnets de pèlerinages »)

 

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Extrait de Hanuman N°23, Hiver 2000-2001.

 

Le  disciple

 

  PAROLES  DE  RAMDAS

  Il s’agit de la courte allocution que Papa Ramdas prononça le 14 mai 1931, pour l’inauguration d’Anandashram :

  « L'idéal que l'Ashram doit porter avec lui est l'amour et le service universels[1], basés sur une vision de la divinité à l'intérieur de tous les êtres et toutes les créatures du monde. Ici chaque homme, chaque femme, chaque enfant de quelques dénomination, croyance ou caste auxquelles ils appartiennent, auront le libre accès. C'est un endroit où tout effort sera fait pour cultiver l'esprit de mutuels amour et service, si bien que ce qui sera réalisé dans ces murs prouvera par l'exemple quelle doit être la conduite humaine dans le monde extérieur. Le Seigneur est notre aide et notre guide en ces matières. Puisse-t-il dans sa bonté envoyer ses bénédictions sur le grand service que cette maison d'amour et de félicité prend en charge aujourd'hui ».
 

 ANANDASHRAM  CADEAU  DE  NOS  MAÎTRES                                                            

  (d’après les écrits de Swami Satchidananda)

 C’est vraiment une grande joie de constater qu’Anandashram, durant ces sept décades et demi, a accueilli et traité chacun avec tant d’amour, sans tenir compte ni de sa caste, de sa croyance ou de sa nationalité. L’Ashram leur a donné l’opportunité de cultiver l’esprit d’amour et de service dans leur vie de tous les jours, et d’étendre cet esprit à l’univers entier pour y apporter une vie paisible et heureuse.

   L’Ashram est devenu pour Mataji le lieu où elle appliqua cet Amour et ce Service Universels. Elle y nourrit ceux qui avaient faim, habilla ceux qui étaient en haillons, soigna ceux qui étaient malades. Elle apporta toute l’aide qu’elle put, en argent ou autre, aux nécessiteux, la plus importante étant de donner une maison aux pauvres et aux sans-abri.

   A l’occasion de ce 75ème anniversaire de la fondation d’Anandashram, nous devons nous souvenir des paroles du Bien-aimé Papa, qui éclairent la mission essentielle des institutions spirituelles : « La spiritualité qui ne trouve pas son application dans la vie présente n’est pas la spiritualité. Dieu est dans le monde et agit à travers chacun de nous. Nous devons nous en rendre compte. Réaliser Dieu ne signifie pas disparaître dans un quelconque Royaume situé au-delà du monde. La vraie spiritualité consiste à être au milieu du monde, à s’y insérer et servir tous les êtres, constamment conscients du Divin en nous et partout autour de nous. » 

  Evolution du disciple : LE  DIVIN  SENTIER

(Extrait de :  « Présence de Ram », par Swami Ramdas)

   Ce qui est nécessaire en tant que premier pas sur ce divin sentier, c'est la Bhakti. Bhakti est un désir brûlant et poignant de réaliser la paix et la liberté immortelles. Le disciple doit être saisi d'un mécontentement de soi-même qui ne cesse jamais tant que le but n'est pas atteint. Mais d'où le réveil du cœur peut-il venir ? Qu'est-ce qui l'ébranle jusqu'en ses fondations même et crée en lui cette aspiration pour l'Eternel ? « La compagnie d'un vrai sage. » La vue d'un vrai sage agit sur le disciple comme le charme d'un magicien. L'oiseau, inconscient de sa captivité, reste dans sa cage, apparemment calme et satisfait ; mais dès le moment où il découvre qu'il y est emprisonné, il ne cesse de se débattre pour sa liberté. De même, l'âme d'un homme éveillé tremble et s'agite en lui et devient si inquiète qu'inévitablement elle est menée sur le sentier d'une vigoureuse discipline conduisant à la libération.

   Cette soif de l'âme qui croît de jour en jour fait naître en lui le deuxième élément essentiel : Vairagya, ou détachement.

   Vairagya signifie l'arrachement du mental à ses attachements et à l'attirance des objets extérieurs. Alors, Le disciple comprend clairement que la cause de son ignorance et de sa servitude réside dans son profond amour pour les êtres qu'il considère comme très chers et très proches. Son esprit, qui a été si longtemps engagé dans les intérêts, les soucis et les craintes au sujet des êtres et des objets auxquels il était attaché par les liens de l'affection et le sens de la possession, commence à s'en écarter. Plus tard il saura que le bonheur dont l'ont comblé ces êtres et ces objets n'est qu'une chimère, une illusion passagère. C'est ainsi qu'un esprit d'impassibilité envers le monde s'empare de lui. Dans cet état il commence avec enthousiasme et détermination la Sadhana pour la maîtrise du mental et de la volonté, qui le mène à la troisième étape : la concentration.

   La concentration est un état d'esprit stable et sans remous. Pour y parvenir, il s'adonne à la pratique mentale qui convient le mieux à sa nature, à son état et à son milieu. La concentration est atteinte en essayant de fixer le mental sur une pensée à  l' exclusion de toute autre. Cette pensée doit représenter ou symboliser l'éternelle Réalité qui demeure dans son propre cœur. Le monde que nous contemplons et qui est fait des cinq  éléments: la terre, le feu, l'eau, l'air et l'éther, est une projection de la suprême Vérité. Ainsi, en se concentrant sur un des éléments de la manifestation du monde et en le considérant comme l'expression même de l'ultime Réalité, le mental parvient à se concentrer sur un seul point et à se fondre dans la Vérité absolue. Donc en vue de l' Upasana (forme supérieure de connaissance), pour la purification et la concentration du mental, on conseille une image symbolique. Parmi les symboles précieux, les plus fréquemment employés sont: l'air, la lumière et le son. L'air se rapporte au Pranayama ou respiration dirigée; la lumière à la vénération de corps lumineux, comme le soleil, la lune, etc. ; le son à la répétition de la syllabe sacrée Om ou d'un autre nom de Dieu. L'importance que l'on attache à la première et à la troisième méthodes vient du fait qu'avec elles le disciple n'a pas besoin d'un objet extérieur pour se concentrer. Néanmoins, quel que soit le chemin qu'il adopte, s'il est persévérant et déterminé, il arrivera à l'étape suivante qui est la méditation.

   La méditation est une discipline purement mentale. La pensée concentrée est continuellement ramenée aux attributs glorieux de Dieu, son éternité, son omniprésence, sa toute puissance, sa constance, sa Vérité toujours paisible et bienheureuse. La méditation, poursuivie avec persistance, se termine dans l'absorption de soi, c'est-à-dire un état de supra-conscience. Il faut noter ici que le disciple en vient à désirer la solitude en un endroit où ne pénètrent pas les bruits ni les tumultes du monde. Il adopte un régime sattvique au lieu d'une nourriture épicée, acide et insuffisamment fraîche. On peut observer en lui certains changements : l'aménité remplace la dureté; la bonté remplace la haine; le calme, une vision égale et l'amour remplacent l'attachement et l'égoïsme. L 'humilité, la douceur et la gaîté marquent ses pensées, ses paroles et ses mouvements. Il évite la compagnie de ceux qui recherchent les plaisirs de ce monde et trouve le soulagement, la paix et la joie dans la société et le service des saints et des fidèles de Dieu. Dès lors, le seul sujet de ses pensées et de ses paroles devient Dieu et Ses gloires. La simplicité et une nature enfantine se manifestent en lui.

   De la méditation au pas suivant, couronnement glorieux de son achèvement suprême, le Samâdhi, l'étape est brève et rapide.  L'expérience qu'il acquiert lorsqu'il reçoit la vision complète de Dieu défie toute description.

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  UNE  PENSÉE  DE  RAMDAS

    Chacun dans une institution doit se souvenir que sa responsabilité essentielle est de penser, de parler et d’agir en résonnance avec les idéaux placés là par le Guru, et ainsi servir le Guru. Cette volonté servira à sa Sadhana, et également aidera les autres qui sont en contact avec lui pour faire l’expérience de la paix et du bonheur, qu’ils viennent rechercher dans cette institution.

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Extrait de Hanuman N°24, Hiver 2000-2001.

 

Le  moment  présent  -  La  mort

 

  PAROLES  DE  RAMDAS, sur le moment présent

 

  Vivons de moment à moment dans un état de liberté et de paix en nous souvenant de Dieu. Quand nous pensons au futur, nous avons peur, quand nous pensons au passé, nous regrettons, et nous nous faisons beaucoup de soucis pour le présent. Quand nous pensons à Dieu, nous vivons dans l’éternité. Le temps, c’est l’esclavage. La meilleure chose que nous pouvons faire est de nous abandonner à Lui, de nous donner le droit à sa grâce, et de nous emplir de sa lumière, de sa joie, de sa paix. C’est pour cela que nous sommes ici. Nous n’avons qu’un court instant de vie. A quoi nous sert-il de nous inquiéter d’obtenir plus que ce dont nous avons réellement besoin, et cela aux dépens de nos semblables ?                                                                                                                 Ramdas speaks Vol  IV, p.268

 

  PAROLES  DE  RAMDAS, sur la mort

   Qui suis-je ?

  Je suis la vie de toutes les vies. Je suis le pouvoir de tous les pouvoirs. Je suis plus grand que le plus grand et plus petit que le plus petit. Je suis simplement merveilleux. M'émerveiller sur moi-même de toute la force de mon imagination, c'est m'immerger dans l'Être merveilleux et devenir merveille moi-même. Je vis toujours en extase. J'essaye de découvrir qui est ce « je ». Oui, qui suis-je ? Quelle est la réponse ? Cette réponse est le silence par lequel j'ai appris ce que signifie le « je » ; en Lui, pas de « moi » ou de toi. C'est le silence...

  La joie fait tressaillir chaque fibre de mon être ; chaque atome de mon corps danse de joie ; de chacun de mes pores s'écoule une pure félicité.

 Mourir dans cet état n'est pas mourir. C'est quelque chose au-delà de la mort et de la vie. C'est un état d'extase perpétuelle et de béatitude toujours semblable à soi-même. Il n'y a qu'une mélodie, il n'y a qu'un accord qu'on chante à la fois et qu'on entend ; c'est la symphonie de la joie ~ la musique d'un délice véritable.

   Dans l'abondance d'une joie débordante, je parle ; et mes paroles sont les expressions variées de ma joie. Tout ce que je dis commence dans la joie, se meut dans la joie et finit dans la joie. Dans l'immobilité de mon corps, tout comme dans l'activité de ses membres; dans le mouvement ou le repos de mon esprit, tout, tout est joie.

   La meilleure définition de cette joie est dans mon rire que rien n'explique. Je suis tout le temps ivre d'une joie que je ne puis décrire, que je ne puis absolument pas décrire.                                                                                                                                                                                                            Présence de Ram, p. 133

Vous êtes immortels et éternels !

      Si nous n’arrivons pas à atteindre le but en une vie, nous ne devons pas désespérer pour autant. Nous avons l’éternité devant nous.  Mais évoluons avec conscience au lieu de laisser la nature seule travailler à notre évolution. La joie est dans le fait de savoir que nous sommes en train d ‘évoluer, ou que l’éveil nous vient quand nous communions avec Dieu.. Alors, nous trouvons que nous faisons  des séries de mouvements vers le haut à travers nos vies. La mort ne nous sera d’aucune terreur parce qu’alors nous savons que nous sommes immortels et éternels. Nous vivons vie après vie. Le corps peut périr, mais l’âme, non. L’âme est immortelle. A ce sujet, il y a un verset de la Bhagavad Gita qui dit : Les sabres ne peuvent pas la couper, le feu ne peut pas la brûler, l’eau non plus ne peut la mouiller, ni le vent la sécher

   La mort est inévitable pour ce qui est créé, mais l’Atman, notre partie divine, est immortelle. Elle est sans naissance, sans mort, sans changement. Sachez cela, et vivez libres et heureux.
                                                                                                                
Ramdas Speaks, Vol.II, p.38                                                                                                                                                        

  PAROLES  DE  SWAMI CHIDANANDA , sur l’instant présent

   Cet instant est Dieu. Dieu vient à vous sous la forme de cet instant. Il ne descend pas sous une forme et une taille d'au-delà de ce monde avec des éclairs qui zèbrent le ciel et de grands bruits. Il vient silencieusement sous la forme de cet instant. Cet instant est Dieu. Il vient constamment à vous en tant que "maintenant", en tant que cet instant. Nous devons aider Dieu à nous aider quand il vient à nous sous la forme Kalo'ham : Je suis le temps. Je suis la vie.

   Et qu'est-ce que la vie et qu'est-ce que le temps si ce n'est "maintenant", si ce n'est cet instant ? Sans distinction d'âge, de sexe, de caste, de race, de nationalité ou de croyance, il est donné à chacun, saint ou pêcheur. Il est donné à chacun, il n'est refusé à personne. Dieu vient à chacun sous la forme de l'instant. C'est cela la vie. C'est cela le "Je suis Dieu" ici-maintenant. C'est ce qu'il y a de plus grand. Cet instant est la plus formidable chose qui puisse vous arriver, qui puisse vous être donnée.                  

  PENSEES

    Nous avons notre résidence ici comme dans une Dharmashala[2]. : notre père, notre mère, notre mari ou notre femme et nos enfants viennent là ensemble pour un moment, et seulement pour être séparés, parce que chacun d’eux est sur son chemin vers le divin, duquel chacun est venu. N’oublions pas que nous venons seuls au monde, et que nous en partons également seuls.                                                                                       Swami   Ramdas

  En fait, il n’existe rien d’autre que l’Unique Instant. Dès l’instant où vous Le trouverez, vous connaîtrez votre vrai Moi. Cet instant relie à l’ensemble de la création….Chaque chose est présente partout,  de tout temps.
                                                                                                                                          Mâ Ananda Môyi

                                                                                       Extrait de : « La vie en jeu », Ed. Accarias, L’originel.

 *     *     *

  Voyez les oiseaux du ciel, ils ne sèment ni ne moissonnent, ni ne font de provisions dans des silos ; cependant votre Père céleste les nourrit. Vous, ne valez-vous pas mieux qu’eux ?….

   Observez les lis des champs, comme ils poussent sans travailler ni filer. Or je vous déclare que Salomon dans toute sa gloire n’était pas habillé comme l’un d’eux. Si donc Dieu revêt de la sorte l’herbe des champs, qui est aujourd’hui et demain sera mise au four, combien plus vous autres, hommes de peu de foi ! Ne vous mettez donc pas en peine, disant : »Qu’aurons nous à manger et à boire ? Qu’aurons nous pour nous vêtir ? »…Toutes ces choses, votre Père céleste sait bien que vous en avez besoin. Cherchez donc premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par  surcroît. Ne soyez donc pas en peine pour le lendemain. Demain s’inquiétera de soi. A chaque jour suffit sa peine. »

                                                                                                         Evangile selon St Mathieu VI, 28-34 

Mon âme, nourris-toi de Mort,
Elle qui se nourrit d’hommes ;
Car la Mort une fois morte,
Il n’y aura plus à mourir !
                                                                                                                             Sonnet 146, de Shakespeare,
                                                                                                                             cité par Swami Yogananda.

 

[1] Cet idéal est celui de beaucoup de maîtres spirituels indiens. Citons Ramakrishna et Vivekananda, Saï-Baba, Amma ...

[2] En Inde, auberge pour les voyageurs nécessiteux, et particulièrement pour les sadous (moines errants)