Extrait de Hanuman N°16, Autome 2004.                  Et aussi : Hanuman N°17
                                                                                                          Hanuman N°18

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L'humilité

 

   PAROLES  DE  RAMDAS  

   L’HUMILITÉ
(Extrait de «Ramdas Speaks », Volume IV, p.190)

  Question : Vous semblez affirmer que le bonheur nous vient à travers le fait de fermer les yeux et de méditer, ou de croire aux saints et aux représentations religieuses. Mais il y a une grande quantité de personnes, comme les savants et les juristes qui étudient les choses avec des arguments logiques. Je pense qu’ils répandent autant de bonheur que les autres. J’ai la chance d’être l’un d’entre eux.

 Réponse de Papa Ramdas : La première qualité ou vertu que nous avons à  développer, avant d’aspirer à connaître le divin, c’est l’humilité. Apprendre et trop lire,  cela va contre une telle humilité, en nous rendant orgueilleux. Nous essayons de connaître Dieu en analysant Dieu. Ainsi il est dit que si nous avons de hautes facultés intellectuelles, le mieux est de les utiliser pour nous rendre compte que nous ne pouvons rien savoir. Dans le vaste univers, il y a tant de choses non découvertes desquelles nous ne savons rien. Nous attrapons un petit caillou de l’infini et disons que nous connaissons l’univers tout entier.

  En fait, notre savoir est limité, très étroit, et cependant nous essayons de saisir l’Eternel avec cet intellect étroit, et de comprendre par lui Dieu, qui a créé l’univers illimité et toutes les choses qu’il contient. Quand nous pensons à l’immensité et à la gloire de Dieu, nous réalisons combien nous sommes petits. Le mieux est de nous offrir totalement à lui, et d’avoir conscience que nous ne sommes rien. Nous devons lui offrir notre cœur. Il y a tant de gens qui ont lu tant de livres sur des sujets spirituels ; mais c’est seulement par l’expérience que nous pourrons réaliser Dieu. Une montagne de raisonnement ne nous aidera pas. Pour L’expérimenter,  la condition première est que votre tête soit inclinée, votre intellect doit être calme, et aussi votre mental. L’intellect vous mènera seulement devant la porte derrière laquelle vous devrez l’abandonner pour entrer dans le royaume de l’Esprit. Vous devrons y laisser non seulement votre intellect, mais aussi  toutes les choses que vous considérez comme importantes dans votre vie, comme votre savoir, etc. Vous avez en fait à désapprendre ce que vous avez appris. Vous devez devenir simple, non sophistiqué, comme un enfant. Alors seulement vous pouvez entrer dans le royaume divin.
(Comparer avec le texte  de Lao-Tseu, Tao-Té-King 20, cité dans Hanuman N°12)

 NÉCESSITÉ  DE  L’HUMILITÉ   (Ibid, V, p.149)

  Ramdas se souvient du proverbe hindi, disant :  « Ja me meena pyasi... ». «Le poisson est dans l’eau, et il dit qu’il a soif. Entendant cela, je ne peux m’empêcher de rire. »  Nous vivons toujours, et nous nous mouvons en Dieu qui est bonheur et suprême béatitude. Et cependant, nous nous plaignons d’être malheureux. Pourquoi sommes nous malheureux. ? Parce que nous avons perdu la conscience d’appartenir à cet Eprit suprême qui est la base de l’univers. L’univers entier est rempli de sa présence. Pour réaliser cette vérité, nous devons nous abandonner à cette Mère Divine, à ce Maître qui est notre tout dans tout. Comment se fait-il que le poisson soit assoiffé, alors qu’il est dans l’au ? Aussi longtemps qu’il marche raide, l’eau ne peut entrer dans sa gorge, mais quand il se courbe, il peut boire l’eau. Aussi longtemps que nous ne nous inclinons pas ~ ayant le sentiment que nous faisons les choses par nous mêmes et que nous en sommes fiers ~ nous ne pourrons expérimenter la joie dans laquelle nous vivons et nous nous mouvons.

 DIEU  CHOISIT  L’HOMME  HUMBLE   (Ibid, V, p.178)

   Même un disciple devient quelquefois orgueilleux lorsqu’il écrit des livres sur Dieu ou fait des conférences sur Lui, ou chante sa gloire. Ainsi, nous devons être libre de toute sorte de fierté. Quand nous faisons une chose et que le monde nous applaudit, nous devons sentir que c’est par le pouvoir divin seul que nous avons été capables de mener à bien cette chose, qui vient à son crédit, et non au nôtre. Si nous nous sentons fiers d’avoir fait une grande chose, alors nous chutons, nous sommes distraits dans notre méditation, et nos pratiques spirituelles échouent. Chaque fois que nous faisons quelque chose de grand, nous devons sentir que c’est Dieu qui nous l’a fait faire, et éviter que l’orgueil ne s’insinue dans notre cœur. Aussitôt que l’orgueil vient, nous devons savoir que nous avons perdu le contact avec Dieu. La tête doit se baisser avant que nous rencontrions Dieu dans notre cœur.
 

  AUTRES TEXTES

 Yvan  Amar :

  L’humilité est le chemin de la douceur. Comment écouter sans humilité ? Comment obéir sans avoir entendu Cela, au cœur de l’humilité ? « Les humbles et les soumis de cœur à Dieu », ceux-là ont l’âme emplie de douceur envers le prochain. L’humilité comme porte de la douceur, parce qu’elle est le chemin d’écoute. Le mot « humble », en hébreu, veut dire aussi « courbé ». Et lorsque vous vous courbez, comme les serviteurs, de quoi vous rapprochez-vous ? De la terre. Celui qui est humble se rapproche de l’humus. Il est humble parce qu’il se rappelle, dans cette proximité, qu’il est poussière et qu’il retournera à la poussière.                                                             (Les béatitudes, p. 80)

Amma :

  L’humilité est le seul chemin vers Dieu. Par contre, si vous avez le sentiment d’avoir été choisi par le Maître, vous penserez peut-être : « Il y a beaucoup de gens dans le monde, et c’est pourtant moi qu’il a choisi. J’ai dû acquérir de grands mérites ou beaucoup de pouvoirs spirituels dans mon incarnation précédente !  C’est pourquoi il m’a élu, moi et nul autre ». De telles idées peuvent s’emparer de vous et vous rendre pire que n’importe qui...

  Le Maître vous a choisi pour vous sauver. Vous devriez considérer ça comme un cadeau, qu’en vérité vous ne méritez pas. Cela ne vous revient pas de droit ~ c’est l’effet de sa grâce et de sa bénédiction. Si vous n’avez pas cette attitude, l’ego s’infiltrera en vous sans même que vous en ayez conscience.

  Il faut être assez humble pour penser : « Je ne suis rien, Tu es tout. » Pour devenir le Tout, vous devez prendre la mesure de votre néant. Tant que vous éprouverez le sentiment d’être quelque chose, vous ne serez rien..                                                        (Eveillez-vous, mes enfants, Tome VII, p.170)

  PENSÉE

 Heureux les pauvres en Esprit, car ils verront Dieu.
              (Jésus, Le sermon sur la Montagne, Béatitudes)

 

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Extrait de Hanuman N°17, Hiver 2004-2005.

 

La  prière

 

  PAROLES  DE  RAMDAS   

 
PRIEZ POUR DEMANDER LA GRÂCE
 Extrait de «Ramdas Speaks », (Volume I, p.1)
 Lorsque Papa arrive en Europe lors de son voyage autour du monde, la première question qui lui est posée à Genève est : « Comment accomplir tout  ce que vous mentionnez dans "In Quest of God"  [en français : "Carnet de pélerinage"] » 

   La réponse est simple : tout ceci se fit par la grâce de Dieu. C’est la grâce de Dieu qui vint à Ramdas et le transforma. C’est seulement cela qui produisit le miracle. Notre effort est inutile. La grâce doit venir à nous. Alors les choses arrivent comme elles doivent arriver,  pour notre élévation, pour notre illumination et réalisation finales. Cela n’est pas dû à notre mérite. Nous ne pouvons tourner notre mental vers Dieu seulement si et quand Il le veut.

   Nous devons garder le contact avec les dévots et les saints. Cela stimulera notre aspiration vers le divin. Ainsi on peut affirmer que ce qui est le plus important pour l’aspirant est  le contact avec une âme réalisée. La grâce de Dieu coule vers nous à travers les saints. Ce que nous avons à faire est simplement de prier pour recevoir sa grâce. C’est tout ce que nous avons à faire, et le reste sera fait pour nous par Dieu. Même cette prière nous l’offrons parce qu’Il nous fait prier, bien que nous n’en ayons pas conscience au début. Plus tard, nous nous rendons compte que nous faisons tout, même prier, par  sa grâce. Sinon, nous n’aurions aucune pensée, aucune parole de prière. Le dévot peut dire :  « O Dieu, vous avez déposé les mots sur ma langue pour cette prière ».

 NOUS DEVONS TRANSCENDER LA PRIÈRE   (Ibid, III, p.174)

  Dans l’Ashram, nous répétons le Nom de Dieu, et nous vaquons à nos occupations. Nous devons transcender même ce niveau de prière. Parce que notre ultime dépendance de Dieu n’admet aucune prière. Nous vivons et nous nous mouvons en Lui. Alors, pourquoi Le prier ? Nous sommes complètement sous sa protection et nous en sommes conscients. Un enfant n’a rien à demander à sa mère quand elle s’occupe de lui. La mère sait ce qui est bon pour l’enfant. Rappelons-nous ce poème, dont le titre est : « Prières sans demandes ». L’auteur dit : « O Dieu, n’exaucez pas mes prières. Dans ma folie je peux vous demander tant de choses qui ne sont pas bonnes pour moi. »  Mais ce stade lui-même doit être dépassé. Nous n’avons pas besoin de prier. Nous savons parfaitement que Dieu fait toute chose pour notre bien. Dans quelque situation qu’Il nous place, nous devons nous faire à cette idée qu’Il fait ces choses pour notre seul bien.

   Bien et mal sont des attitudes du mental. Dans l’Absolu, en Dieu, il n’y a pas de mal... Le mal est une fabrication de l’homme. L’homme prend certaines situations comme mauvaises et souffre. Il considère d’autres situations comme bonnes et il est heureux. Si nous allons au-delà de ces dualités, alors bien et mal n’ont aucun sens. C’est pareil pour ce que nous appelons gain et perte, succès et échec, louange et blâme. Ces termes n’ont aucune signification, dès lors que nous jouissons de la béatitude intérieure, qui est éternelle.

 

  AUTRES TEXTES

 L’ENSEIGNEMENT  DE   RAMANA  MAHARSHI

 Question : « Si le Soi individuel se dissout dans le Soi universel, comment peut-on prier Dieu pour le progrès spirituel de l’humanité ? » |Cette question revient constamment dans les propos des Occidentaux.]

 Maharshi : Les gens prient Dieu et ils finissent leur prière en disant : « Que ta volonté soit faite ! »  Si la volonté de Dieu doit être accomplie, à quoi bon Le prier ? Il ne faut pas oublier que la volonté divine prévaut en tous temps et en toutes circonstances. L’individu ne peut pas agir de son propre chef. Il suffit donc de reconnaître la toute puissance de la volonté divine et de rester tranquille. Chacun de nous est pris en charge par Dieu. C’est Lui qui a tout créé. Vous n’êtes ici que quelques unités parmi des milliards d’autres unités. Si Dieu a la puissance de régler la vie de ces milliards d’êtres, pourquoi voulez-vous qu’Il vous oublie ? Même le simple bon sens devrait amener à comprendre que l’on doit se soumettre à sa volonté. Il n’y a par conséquent aucune nécessité à Lui faire part de vos besoins. Il les connaît mieux que vous-même et Il saura y pourvoir mieux que personne.

  De plus, pourquoi priez-vous ? Parce que vous vous sentez vous-même démuni et sans force et que vous recherchez l’aide d’un pouvoir supérieur. Est-ce que votre Créateur, qui est aussi votre Protecteur, ne connaît pas déjà toutes vos faiblesses ? Pensez-vous qu’il faille étaler devant Lui vos défauts pour qu’il en prenne connaissance ?

 Question : « Dieu n’aide-t-il point ceux qui s’aident eux-mêmes ?

Maharshi : Certainement. Aidez-vous vous-même. Ce faisant, vous obéissez encore à Dieu. Car chaque action est déterminée par Dieu seul. Quant à prier pour autrui, cette attitude paraît dénuée d’égoïsme ; mais si vous l’analysez à fond vous y découvrirez aussi de l’égoïsme. En effet, vous désirez le bonheur d’autrui afin d’être vous-même heureux. Ou bien encore vous voulez bénéficier du mérite d’avoir été l’intercesseur pour le bonheur des autres. Dieu n’a besoin d’aucun intermédiaire. Occupez-vous de vos affaires et tout ira bien.

 

  PENSÉE

 « Que votre unique oraison soit :  "Conduis-moi de l’irréel au Réel, de l’obscurité à la Lumière, de la      mort à l’Immortalité" »

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Extrait de Hanuman N°18, Printemps 2005.

 

Karma,  déterminisme  et  liberté

 

  PAROLES  DE  RAMDAS  

 COMMENT  DOMINER  LE  KARMA  ?   (Ramdas Speaks II, p.5)

 

   

  Question : Est-ce que la connaissance de la théorie du Karma aide à transcender la souffrance ?

  Ramdas : La théorie du karma est basée sur le principe de cause à effet. Ce que nous semons, nous le récoltons. Si nous avons réalisé dans le passé de bonnes actions, nous récoltons de bons fruits maintenant. Si nous avons commis de mauvaises actions, nous récoltons de mauvais fruits. Sachant cela, nous devons souffrir de bon cœur pour toutes nos mauvaises actions passées, et, à la lumière de l’expérience présente, tourner la page et uniquement bien agir, afin de récolter de bons fruits dans le futur. Ainsi nous pouvons atteindre le divin,  en devenant tout à fait bons.

   Défaire ce qui a été fait, en menant une vie parfaitement droite, dans la pensée du divin, ce n’est pas facile. Quoique nous sachions que certaines actions ne sont pas bonnes pour nous, nous avons une inclination à les faire et les refaire, et sommes trop faibles pour résister aux tentations.   Nous ne sommes pas capables de contrôler notre mental. A ces moments-là, si nous prions Dieu de nous donner la force nécessaire, il viendra à notre secours et sa grâce nous délivrera de la servitude du karma, ou action, et nous attachera à Lui. Ainsi, le karma est conquis et l’ego est vaincu.

   Question  : Est-il vraiment possible de se débarrasser du karma passé en une seule vie ?

   Ramdas  :  Quand vous vous abandonnez à la volonté de Dieu et considérez toute chose comme étant produite par sa volonté, alors vous n’êtes lié par aucun karma. Quoiqu’il arrive, vous devez le prendre comme voulu par Dieu et rester parfaitement calme, inaffecté et joyeux ~ que vous rencontriez l’échec ou le succès dans votre vie, que les gens vous louent ou vous blâment, que vous fassiez des gains ou essuyez des pertes. Dans toutes les conditions vous devez pouvoir garder un esprit totalement tranquille du moment que votre abandon à Dieu est total.

   Le bien et le mal que vous voyez à l’extérieur sont des projections de votre propre mental. En fait il n’existe pas de mal ; le bien et le mal sont des termes relatifs. Une perte qui est considérée par vous comme mauvaise peut être bonne, si elle vous rapproche de Dieu. Dieu vous place dans de telles situations pour votre bien, afin que vous vous souveniez de Lui, que vous tourniez votre esprit vers Lui,  et que vous réalisiez votre union avec Lui, ce qui est la fin et le but de l’existence. Toutes autres ambitions sont des pacotilles du monde et sont transitoires. Elles ne peuvent vous procurer une paix et un bonheur durables. Vous savez que vous n’avez pas emmené ces choses là avec vous quand vous êtes venu ici, et que vous ne les prendrez pas quand vous quitterez cette vie.

   Quand vous avez cette réalisation, le karma ne vous affecte plus. Vous êtes libéré de sa servitude. Il n’est plus question alors de passé et de futur pour vous. Vous vivez chaque instant dans un état de parfait abandon au divin, et vous profitez simplement du bonheur, de la paix et de la joie dans toutes situations, qu’elles soient plaisantes ou déplaisantes, favorables ou défavorables, parce que celles-ci sont seulement des attitudes ou des états du mental. Il n’y a véritablement rien de mauvais nulle part. Un proverbe dit : « Le bien ou le mal, c’est le mental qui le fait ». Vous êtes alors une âme libre, libérée, faisant face à toutes situations de bon cœur, passant le relais à Dieu
 

  AUTRE  TEXTE  :  de  MA ANANDA MOYI

 LE KARMA

  Le karma accumulé depuis des siècles et des siècles, péchés et désirs, sont effacés par le nom sacré de Dieu. De même qu’en allumant une lampe, on illumine une cave plongée dans l’obscurité depuis des siècles, de même les ténèbres d’innombrables naissances sont repoussées par la puissance du nom divin.
 

  PENSÉES  DE  RAMDAS,  envoyées par notre ami Guillaume

 « Les événements de notre vie se produisent automatiquement, mais les considérer comme cause de bonheur ou de souffrance est uniquement basé sur l’attitude du mental »

   « Le signe d’une vraie dévotion envers Dieu est de toujours essayer d’entretenir un souvenir constant de Dieu. Un fidèle fervent aura toujours le nom de Dieu sur ses lèvres. Dans sa vie active il traitera ses semblables avec amour, affection, indulgence, patience et bonté. Son cœur sera exempt de convoitise, d’avarice, de colère et autres choses néfastes, ses yeux seront illuminés par la lumière Divine et, de toutes parts, ne verront que Dieu. Voyant Dieu partout, il sera heureux et paisible à chaque instant, car il aura transcendé dualité et diversité, demeurant à jamais dans l'unité et l'identité d'être"
                                                                                                             Swami Ramdas